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Le Ministère du Tourisme semble faire un choix à la fois risqué et ambitieux. Il s’agit d’investir dans les infrastructures touristiques durables afin de préparer le pays à un retour normal des activités au lieu de choisir la voie de la propagande ronflante. Pas moins de 20 chantiers ont été lancés au cours des 12 derniers mois et des retombées sont en train de faire surface.
A entendre les différentes interventions du Ministre du Tourisme, John Herrick Dessources, ces interventions ne relèvent pas de l’ornement. Elles constituent la trame matérielle sans laquelle aucune politique touristique sérieuse ne peut prétendre à la durabilité.
Vingt chantiers pour refonder l’offre touristique
C’est dans cette logique que le Ministère du Tourisme a engagé 20 chantiers structurants, répartis entre 10 chantiers physiques et 10 chantiers non physiques, qui redessinent progressivement les contours de l’industrie touristique nationale. Là où d’autres secteurs auraient pu attendre des jours meilleurs, le Ministère du Tourisme a posé un diagnostic lucide : la période actuelle ne se prête ni à la promotion effrénée, ni aux promesses sans socle.
Ce choix traduit une compréhension fine de la responsabilité de l’État : on ne restaure pas la crédibilité d’un pays par le discours, mais par l’architecture de ses politiques publiques. Le tourisme, envisagé comme levier de structuration territoriale, de professionnalisation économique et de projection internationale, ne pouvait échapper à cette exigence.
12 chantiers physiques : inscrire l’action dans la matière
Ces 10 chantiers lancés par le Ministère du Tourisme semblent traduire une volonté claire, celle de doter le pays d’infrastructures fonctionnelles, lisibles et conformes aux exigences contemporaines si l’on en croit aux propos des responsables.
1. Réhabilitation du Centre de Convention de Jacmel
2. Modernisation de son modèle de gestion et de fonctionnement
3. Réhabilitation du kiosque d’accueil du site historique de Sans-Souci
4. Amélioration substantielle de l’accueil à l’Aéroport International du Cap-Haïtien
5. Réaménagement des espaces extérieurs et des zones de circulation
6. Mise en valeur structurée des sites touristiques du Nord
7. Mise en valeur structurée des sites touristiques du Sud
8. Aménagement et modernisation de l’École Hôtelière d’Haïti
9. Réhabilitation de la Direction départementale du Sud
10. Réhabilitation de Direction départementale de la Grand’Anse
Le Ministère du Tourisme n’a voulu ni céder à l’immobilisme, ni succomber à la facilité de la communication sans substance. Il a fait un choix autrement plus exigeant : celui de construire. Face à une conjoncture nationale contraignante, marquée par l’instabilité sécuritaire, la fragilité économique et une image internationale sévèrement éprouvée, le ministère du Tourisme persiste et signe dans cette lancée.
10 chantiers non physiques : construire l’État avant la vitrine
Cependant, le Ministère du Tourisme ne s’est pas limité à l’infrastructure. Il a engagé, avec la même détermination, une série de chantiers invisibles mais décisifs, là où se forgent la crédibilité et la capacité d’action de l’État.
11. Renforcement opérationnel et institutionnel de la Police Touristique
12. Équipement, mobilité et professionnalisation accrue des agents
13. Recrutement de nouveaux cadres par concours public, selon les standards de la fonction publique
14. Réorganisation administrative et modernisation interne du Ministère
15. Déploiement d’une cartographie numérique nationale des sites touristiques
16. Création du Tourisme Hub, espace structurant pour les acteurs du secteur
17. Lancement de Kwonik Ayiti, plateforme de valorisation du patrimoine historique
18. Modernisation du site institutionnel du Ministère du Tourisme
19. Développement d’outils modernes de gestion, de planification et de suivi
20. Mise en œuvre d’un projet stratégique de refondation du narratif sur Haïti
Ces chantiers constituent, selon le numéro un de l’institution, l’ossature silencieuse d’une administration qui se dote des moyens de ses ambitions mais aussi une fidèle mise en application de la feuille de route transmise au ministre lors de son installation, il y a un peu plus d’un an.
Une rupture assumée avec la logique de façade
En choisissant de placer l’offre avant la promotion, le Ministère du Tourisme opère une rupture nette avec les pratiques du passé. Il affirme qu’aucune campagne, aussi sophistiquée soit-elle, ne saurait suppléer l’absence de cadre, de sécurité, de qualité de service et de gouvernance.
Ce positionnement, exigeant et parfois incompris, repose sur une conviction simple : le moment viendra où Haïti parlera à nouveau au monde, et ce jour-là, elle devra le faire avec des preuves, non avec des slogans.
L’audace d’un État qui prépare…
À travers ces 20 chantiers, le Ministère du Tourisme dit envoyer un message clair : la crise n’est pas un temps mort, mais un temps de préparation stratégique. Un temps où l’on consolide, structure et réforme, afin que la relance future repose sur des bases solides et crédibles.
Dans un pays où l’action publique est trop souvent jugée à l’aune de l’immédiateté, cette démarche semble trancher par sa profondeur. Elle rappelle une vérité fondamentale : le développement n’est pas un événement, mais un processus.
En choisissant de bâtir dans la discrétion plutôt que de promettre dans l’urgence, le Ministère du Tourisme assume pleinement son rôle : celui d’un acteur central de la transformation du pays, travaillant non pour l’instant, mais pour la trajectoire.
Dans un pays trop souvent décrit à travers le prisme de la crise, certaines dynamiques essentielles échappent au regard immédiat. Elles se déploient loin du vacarme, dans le temps long de l’action publique, là où se construisent les fondations réelles du changement. C’est précisément dans cet espace que le Ministère du Tourisme a décidé d’inscrire son action.
Là où d’autres secteurs auraient pu attendre des jours meilleurs, le Ministère du Tourisme a posé un diagnostic lucide : la période actuelle ne se prête ni à la promotion effrénée, ni aux promesses sans socle. Elle exige, au contraire, un travail méthodique sur les fondamentaux de l’offre touristique nationale.
Ce choix traduit une compréhension fine de la responsabilité de l’État : on ne restaure pas la crédibilité d’un pays par le discours, mais par l’architecture de ses politiques publiques. Le tourisme, envisagé comme levier de structuration territoriale, de professionnalisation économique et de projection internationale, ne pouvait échapper à cette exigence.















