Smith Augustin

Smith Augustin : Volte-face après une signature aux conséquences désastreuses

En une semaine, le Conseiller-président Smith Augustin est passé d’un patriote zélé qui a décidé, en pleine nuit, de se déplacer pour signer la résolution du CPT, révoquant le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé pour faire échec au plan du « blanc », à un vulgaire poltron après les annonces des États-Unis qui réagissent par une salve de restrictions de visas, touchant les 5 signataires de la résolution.

Pour Smith Augustin qui dit avoir signé la résolution sous la pulsion de sa colère, il est temps de prouver à son nouveau camp qu’il a définitivement tourner sa veste, quitte à tacler le bien fondé de la résolution qu’il a signé.

Dans une correspondance adressée à ses pairs du CPT, Smith Augustin soutient qu’il lui « paraît en effet difficilement soutenable, sur le plan juridique, qu’une résolution non publiée puisse produire l’effet d’abroger une résolution antérieure dûment publiée, notamment celle fixant la durée et la répartition de la coordination de la présidence tournante », parlant du plan de ses pairs de destituer le président du CPT, Laurent Saint-Cyr qui refuse de publier la résolution signée par les 5 membres du Conseil, dans le journal officiel du pays.

« Å supposer même que certains estiment cette démarche juridiquement fondée, il n’existe manifestement aucune unanimité sur sa légalité », est la nouvelle thèse de Smith Augustin dans sa quête du  » bon bord ».

Cette affaire sur la légalité d’une décision de déchoir Laurent Saint-Cyr de son poste de Coordonnateur du CPT, pousse Smith Augustin à réfléchir beaucoup plus qu’il ne l’avait fait lors de la signature de la résolution des 5 membres du CPT : « Par ailleurs, si cette procédure devait être engagée sans l’adhésion du coordonnateur concerné, quelles en seraient les conséquences concrètes? En cas de refus persistant de transmission au journal officiel, faudrait-il envisager des révocations successives: de la Secrétaire générale, pourtant nommée par arrêté présidentiel publié, puis éventuellement du Directeur général des Presses nationales, lui-même désigné en Conseil des ministres? Une telle logique ne risquerait-elle pas d’ouvrir une spirale institutionnelle incontrôlable, à quelques jours seulement de la fin de notre mission ? »

Après ses mûres réflexions imposées par les conséquences de la première décision, le représentant de RED, EDE et Compromis historique au CPT, tente de raisonner ses « chers collègues » en soulignant : « sans aucune prétention ni volonté de donner des leçons, je demeure profondément convaincu que cette voie n’est ni la plus responsable ni la plus appropriée pour conclure notre mandat, dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions internes et une extrême fragilité institutionnelle. Je reste persuadé que le peuple haïtien attend de nous davantage de retenue, de rigueur institutionnelle, de sens de l’État et de dépassement ».

Et si les autres membres du CPT insiste à vouloir se mettre sur la route du « Blanc » et de ses chouchou, le Conseiller-Président qui vient de perdre son visa, ne trouve pas nécessaire de continuer sur ce chemin. En ce sens, il informe ses pairs « qu’à compter de ce jour et jusqu’au 7 février 2026, je m’abstiendrai de prendre part à tout processus décisionnel de nature similaire, que je percevrais non comme une recherche lucide et consensuelle de sortie de crise, mais comme une escalade institutionnelle aux conséquences imprévisibles ».