À cité L’Éternel, dans la 3e circonscription de Port-au-Prince, Antonio se prépare à fuir une guerre imminente entre des gangs armés qui partagent cette partie de la capitale haïtienne.
L’homme d’une trentaine d’année qui s’est confié à Radiographie, dans la matinée du mercredi 22 janvier 2025, dit vivre avec la peur au ventre ces derniers jours, tant la possibilité d’une guerre entre le gang de Gran Ravin et Baz Pilat parait imminente aujourd’hui.
« Je viens d’envoyer mon père à Carrefour rejoindre un membre de la famille, ma compagne trouve déjà refuge chez une collègue de travail dans les hauteurs de Port-au-Prince. Je suis seul dans la petite maison familiale, multipliant les contacts pour pouvoir évacuer la zone ».
Selon Antonio, plusieurs familles ont déjà abandonné leurs maisons à Cité L’Éternel enclavé entre les gangs de Village de Dieu, Baz Pilat et celui de Gran Ravin.
Cette position ne rassure pas à un moment où les maitres de la 3e circonscription menacent d’entrer en guerre.
Selon Antonio, le conflit entre les gangs est dû à la présence des agents de la Police Nationale d’Haïti au stade Sylvio Cator non loin d’un poste de péage du gang de Gran Ravin. Cette position stratégique permet aux policiers d’intervenir et de surprendre les membres du gang qui montaient une base avancée au Carrefour Samba Arena, à la rue Monseigneur Guilloux.
En réponse aux attaques de la Police, le gang de Gran Ravin a sollicité l’aide de Baz Pilat pour pilonner la position des forces de l’ordre. Le refus du chef de Baz Pilat est perçu comme un acte de trahison, explique Antonio qui vit au milieu des bandits.
Offusqué par l’attitude de Baz Pilat et tiraillé par les fréquentes interventions de la Police, le gang de Gran Ravin décide de se retirer du carrefour Samba Arena et mettre à nu, Baz Pilat qui tient, lui aussi un poste péage à Première Avenue Bolosse, le prochain carrefour.
Hier encore, un blindé de la Police a été aperçu au niveau de la Première Avenue, sans heurt avec les bandits de Baz Pilat qui ont cédé le terrain à la douce.
Cette attitude de Baz Pilat, soulève le courroux de Gran Ravin qui dit flairer un complot.
Selon Antonio qui s’apprête à vider les lieux, le gang de Gran Ravin a même lancé un ultimatum, menaçant d’envahir la zone contrôlée par le gang, Baz Pilat si des blindés de la Police, parviennent à traverser la zone de Bolosse jusqu’à 5e Avenue.
Pris en sandwich entre les belligérants, des habitants de Cité L’Éternel qui osaient vivre encore au milieu des gangs, abandonnent le pari.
Antonio est un nom d’emprunt
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