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À la rencontre du Fort Picolet dans le Nord d’Haïti

Niché au haut d’une falaise défiant la mer, à quelques minutes du boulevard Carénage dans la ville du Cap-Haïtien, le Fort Picolet, se veut à la fois, un lieux historique témoignant l’intelligence et la stratégie militaire des ancêtres des Haïtiens, un lieu mystique mais surtout un espace touristique caractérisé par la beauté de ce site offrant une vue panoramique sur la baie du Cap-Haïtien que le fort était appelé à protéger.
Dans le cadre d’un effort visant à proposer de nouveaux narratifs sur Haïti, devant nécessairement passer par la valorisation d’images positives qui pullulent sur les plages, dans les sites historiques et touristiques, Radiographie vous présente ce fort datant de l’époque coloniale.

Par ses plages, ses sites historiques et/ ou d’attractions touristiques, le Nord se veut être, incontestablement l’une des destinations les plus prisées du pays.
Dans ce paysage, le Fort Picolet, situé à quelques kilomètres du boulevard du Carénage et accessible à pied et/ou en voiture, prend une place de choix et mérite d’être valorisé sur le plan touristique.

Cette forteresse, construite par les Français durant l’époque coloniale pour contrôler toute éventuelle invasion maritime dans la région du Nord, a été récupérée, réhabilitée en 1739 et occupée par le Roi Henry Christophe après avoir chassé les Français du pays.
Ce fort est interconnecté avec les autres fortifications de la région septentrionale, notamment avec le site de Labadee, afin de mieux contrôler et déjouer l’invasion et l’attaque de l’armée de Napoléon Bonaparte lors de la guerre de l’indépendance.

La forteresse offre une agréable promenade gratuite au bord de la mer, accessible chaque matin ou en fin d’après-midi. Des hôtels et restaurants se trouvent à proximité, depuis le boulevard du Carénage jusqu’au littoral près du fort.

Une belle urgence pour réconcilier culture et tourisme

Du haut de son passé historique, le Fort Picolet est laissé à l’abandon. Aucune mesure de sécurité ni de protection, pas même de nettoyage, n’est mise en place pour maintenir l’espace sain. Les canons et les phares sont délabrés. Ce haut lieu est devenu une « faune » (lieu de rassemblement des bétails de la région).

Le mystique remplace l’historique

En dépit de son état, le site reste une destination de renom pour les pratiquants du vaudou. Dès l’entrée principale jusqu’aux lieux plus secrets, des rituels de toutes sortes y sont observés. À l’intérieur, des cérémonies mystiques sont organisées régulièrement par des fidèles vaudouisants.

Ces derniers se considèrent comme des pèlerins qui se souviennent toujours des divinités vénérées sur le site, particulièrement lors de la période allant du 18 au 22 août de chaque année.

Des informations recueillies sur place confirment que le fort se trouve sous le contrôle d’une tierce personne, une poétesse vaudou, qui depuis une dizaine d’années autorise la tenue de cérémonies mystiques.

Appel à l’État central et à l’ISPAN

Interrogés sur la situation du Fort Picolet, les adeptes du vaudou rencontrés sur les lieux lancent un appel à l’État central, à travers le ministère du Tourisme, ainsi qu’aux responsables de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN), afin qu’ils assurent une meilleure prise en charge du site pour accroître l’offre et la demande dans le secteur touristique.