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Travailler pour l’État haïtien est devenu un véritable parcours du combattant, et cela est particulièrement vrai pour les fonctionnaires du Ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE). Situé dans une zone convoitée par les bandits armés, le ministère subit de plein fouet l’intensification de la violence. « Les tirs de bandits pénètrent jusque dans nos bureaux, brisant les vitres », témoigne la ministre Ketleen Florestal.
Dans ce contexte de crise sécuritaire, le quotidien des employés du MPCE est marqué par la peur et l’incertitude. Outre les balles perdues et les conditions de travail précaires, beaucoup de fonctionnaires sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation pour se rendre au bureau. Certains changent régulièrement d’itinéraire, d’autres évitent de porter des vêtements ou badges identifiant leur appartenance au ministère. « Nous avons des employés qui, pour éviter d’être pris pour cibles, préfèrent ne pas venir travailler certains jours », confie la ministre.
L’impact de cette situation est préoccupant. Le manque de personnel sur place ralentit considérablement la mise en œuvre des programmes et la gestion des projets de développement. « Quand des employés qualifiés quittent le pays ou refusent de venir travailler par peur pour leur sécurité, c’est l’ensemble de l’administration qui en souffre », ajoute Mme Florestal.
En plus des problèmes sécuritaires, le MPCE fait face à une autre crise majeure : la fuite des compétences. Le faible niveau de rémunération dans la fonction publique et l’insécurité généralisée poussent de nombreux cadres à chercher des opportunités ailleurs. « Ceux qui restent sont souvent démotivés et contraints de travailler dans des conditions extrêmement difficiles », souligne la ministre.
Pour pallier cette situation, le ministère envisage plusieurs solutions, dont l’amélioration des conditions de travail et un meilleur accompagnement psychologique des employés. Toutefois, ces mesures nécessitent des ressources que l’État peine à mobiliser.
Face à cette crise multiforme, le MPCE tente de se réorganiser pour assurer un minimum de continuité dans ses missions. La ministre Florestal insiste sur la nécessité d’un soutien accru du gouvernement et des partenaires internationaux. « Nous devons protéger nos fonctionnaires, sécuriser nos infrastructures et restaurer la confiance au sein de notre administration », affirme-t-elle.
Mais dans un contexte où l’État peine à assurer la sécurité des citoyens, la question demeure : jusqu’à quand les fonctionnaires tiendront-ils ? Si aucune solution rapide n’est trouvée, Haïti risque de voir son administration publique s’effondrer sous le poids de l’insécurité et du découragement généralisé















