Quitel Liszt

Grève dans le sud: quand des larmes de crocodile du ministre Liszt Quitel l’emportent

Selon les témoignages de l’industriel Pierre Léger qui a planifié et pris part à la réunion du mardi 31 mai ayant conduit à l’annulation du mot d’ordre de grève du mercredi 1er juin 2022, ce sont des larmes du ministre Liszt Quitel qui ont sauvé la peau du gouvernement aux Cayes.

Dans une interview accordée  à Radio RFM, Pierre Léger, étant membre de la Chambre de commerce et d’industrie du sud dévoile avoir lui-même planifié les rencontres du jour, lorsque le président provisoire de la Chambre de commerce et d’industrie du sud Thierry Vanté a reçu dans la matinée du mardi 31 mai, un coup de fil du haut commandement de la police nationale.

Au bout du fil, la PNH lui demande de planifier, le jour même, une réunion entre une délégation de l’institution policière et les acteurs qui ont lancé le mot d’ordre de grève qui a été prévu pour le mercredi 1er juin 2022.

Dans une interview accordée à Radio Macaya des Cayes dont Radio graphie détient l’audio, Thierry Vanté a confirmé ces informations.

Ainsi, quelques heures avant la journée de grève qui vise à dénoncer le climat d’insécurité qui sévit sur la route du grand sud, l’inspecteur général Fritz Saint-Fort, le directeur central de la police administrative Joany Casséus et le chef de cabinet du directeur générale de la PNH, Jackson Hillaire débarquent dans le sud avec les poches remplies de promesses de sécurité pour les entrepreneurs, les commerçants, les syndicats et des directeurs de médias du sud.

Aux dires de Pierre Léger, malgré les insatisfactions et les doutes quant à une volonté réelle des autorités à résoudre le problème des gangs à Martissant, « la sagesse » des membres de cette délégation a fini par l’emporter sur la colère de l’assistance.

Alors qu’il participe encore à la rencontre avec les émissaires de la police, Pierre Léger affirme qu’il a été contacté par le ministre du commerce et de l’industrie Ricardin Saint-Jean qui propose lui aussi de se rendre dans le sud afin de rencontrer les initiateurs de la grève.

« Je lui ai dit de ne pas venir. Mais, il a insisté et je lui conseille de se faire accompagner de 2 autres ministres, comme celui du TPTC et de l’Intérieur, qui puissent parler des autres problèmes que confronte la ville des Cayes à coté du problème du commerce dans le sud ».

Quelques heures après, la délégation officielle atterrit à l’aéroport Antoine Simon des Cayes.

Sachant qu’ils sont venus marcher sur un baril de poudre dans la 3e ville du pays, Pierre Léger confie qu’il les a contraint de monter dans son propre véhicule privé pour quitter l’aéroport Antoine Simon des Cayes et les faire dîner à l’usine de transformation de vétiver de ce dernier pour éviter des « jets de pierres » dans une ville hostile.

Face à cette réalité, Pierre Léger rapporte que le ministre Liszt Quitel, disait clairement aux autres membres de la délégation qu’il ne pipera pas un mot dans la rencontre.

Cependant, après maintes attaques des initiateurs de la grève, le ministre décide de parler de sortir de son silence et de cracher quelques promesses.

Une intervention qui n’a pas duré puisque Liszt Quitel n’ a pas pris du temps pour se fondre en larmes.

Pierre Léger souligne que les larmes du ministre étaient perçues comme un aveu d’impuissance par l’assistance.

Larmes de crocodiles ou pas, elles  ont poussé les protestataires à laisser la salle de la rencontre. Dehors, souligne Pierre Léger, sous l’instingation de Kervens Cadet de l’APCH, les syndicalistes se sont entendus à octroyer 15 jours au gouvernement pour agir et résoudre le problème des gangs qui font la loi à la 3e circonscription de Port-au-Prince.

Selon Pierre Léger, cette décision vient comme marée en carême pour le gouvernement qui a su sauver sa peau de justesse.

L’homme d’affaire estime qu’une grève réussie dans le sud du pays contre l’insécurité, portera d’autres régions du pays à se soulever et signera la fin de ce gouvernement, trop nonchalant face à l’insécurité impactant la vie partout sur le territoire haïtien.

Samuel Celiné