Quand la conjoncture oblige des patrons à saper la base de leur propre édifice

Quand la conjoncture oblige des patrons à saper la base de leur propre édifice

Dans une note de presse en date du mardi 24 août 2022, le Regroupement Patronal Haïtien, se dit préoccupé par la détérioration des conditions socio-économiques de la majorité des haïtiens aujourd’hui.

Se sentant interpellés par cette situation, les patrons appellent les protagonistes économiques et politiques du pays, à privilégier l’intérêt national.

Pour les patrons, « la faillite actuelle est collective ».
Pour cela, ils croient nécessaire de faire certaines concessions et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, les patrons ayant signé la note, appellent leurs pairs à laisser de côté certaines pratiques qui affaiblissent le pays au profit des intérêts mesquins de la classe dominante.

Les patrons, dans leur autocritique indexent : l’irresponsabilité fiscale et légale, les mauvaises pratiques commerciales, la non-transparence, la concurrence déloyale et les comportements malsain, préjudiciables à la collectivité.

Pour une fois, les patrons, grands bénéficiaires de la faiblesse et de la corruption qui gangrènent le système fiscal du pays, appellent les autorités à « s’acquitter de manière célère et efficace de leur responsabilité de collecte des droits de douane et impôt et du devoir de faire respecter les lois et les règlements établis ».

Les patrons dans leur élan de conscience, proposent même que l’argent récupéré dans le cadre de l’application stricte des lois fiscale, soit utilisé pour renforcer la Police nationale dans la lutte contre les gangs qui opèrent dans le pays.

Souhaitant une meilleure gestion des deniers publics, les patrons signataires de la note, invitent les politiciens à se transcender en consentant des sacrifices, comme cesser de se chamailler au nom de leurs intérêts personnels pour se mettre d’accord sur une solution capable de sortir le pays du marasme.

Cette note, où des éléments de la classe dominante d’Haïti parlent de « conscience », porte la signature de René-Max Auguste, Édouard Boussan, Pierre-Marie Boisson, Gérald Bouguignon, Stéphan Coles, Eddy Deeb, Yonel Élysée, Raina Forbin, Peter Frisch
, Goeffrey Handal, Jean-Marc Lebrun, Harold Marzouka Jr, Layrent Saint-Cyr, Jair Saint-Louis,
Mathieu Villedrouin, Jacques Villejoint, Ralph Edmond, Raymond Jaar, Georges Cassis et Marc Émile Hechema.