Solino: les gangs multiplient des assauts sur plusieurs fronts

Solino: les gangs multiplient des assauts sur plusieurs fronts

Des habitants de Solino ne ferment pas l’œil le soir depuis plusieurs semaines. La coalition de gangs dénommée « Viv Ansanm » cherche à étendre son influence sur le quartier qui a mis en déroute ses projets à travers une résistance populaire mêlée aux engagements des forces de l’ordre.

Depuis le 25 avril 2024, les multiplient des assauts sur plusieurs fronts.

Désormais, les bandits attaquent par Delmas 24 et 28 , Nazon, ruelle Anglade, dans les axes du marché Peyan non loin de Sans-file, selon ce que rapportent des riverains. La plupart de ces quartiers sont déjà sous leur emprise. Les populations résistent mais le bilan de morts et de blessés grossit à petit feu.

Le vendredi 10 mai, une nouvelle attaque du côté de la ruelle Anglade zone proche de Bel-Air à coûté la vie à un jeune homme et un autre a été blessé au cou. Le jour suivant, soit le 11 mai dans la soirée une attaque a tué le sommeil de la population qui multiplie les nuits blanches pour sauver leur peau en cas de dérapage et le dimanche 12, les bandits ont fait pleuvoir des balles pendant toute journée; atteint d’une balle perdu à la bouche, un jeune 16 ans a perdu la vie.

Le quartier reste la cible de la coalition des gangs, le chaos et la violence délabrent complètement les conditions de vie.

Face à ces actes, l’Organisation des Nations-Unies a appelé à un couloir humanitaire dans le quartier. Le 6 mai dernier, le coordonnateur par Interim du bureau des affaires humanitaires des Nations-Unies , Bruno Maes a exhorté les gangs à cesser la violence afin de faciliter les acteurs humanitaires à assister les victimes. «Je condamne fermement les attaques répétées de groupes armés dans le quartier de Solino et les zones environnantes de la capitale haïtienne et exprime mes profonds préoccupations sur l’impact humanitaire, dont des milliers de personnes obligées de fuir leurs maisons » a déclaré Bruno Maes qui dénonce le manque d’accès à l’eau, à la nourriture et au carburant de la population civile Solinoise.


Des attaques en pleine nuit

Dans la nuit du 1 mai 2024, des rafales d’arme automatique ont été entendues aux environs de Delmas 24, un quartier vidé de sa substance vitale depuis les récents affrontements le 25 Avril. La population a été contrainte de se déplacer en masse, abandonnant leurs maisons.

À Solino, la résistance est fait de policiers ainsi que la population armée de machettes, bouteilles, toute sorte d’objets de défense. Plusieurs bandits ont déjà perdu la vie lors des assauts. En une semaine, les gangs ont réalisé plus de 3 attaques, n’hésitant pas à faire chanter leurs armes même la nuit, témoignant ainsi leur ambition d’assiéger ce lieu qui ouvre l’accès vers l’auto route de Delmas.


Un quotidien sous les rafales

La vie s’arrête instantanément pour Lovely à l’écoute des rafales qui lui donnent des maux de tête. Sous les ordres de sa mère, elle a dû fuir à plusieurs reprises à chaque fois que ça chauffe dans le quartier « ma mère ne veut pas je reste quand ça tire dans tous les sens, et pourtant elle reste » n’ayant pas vraiment d’endroit où aller. Le quotidien sous les balles a changé le comportement de certains, qui vivent sur place, mais qui s’organisent comme si leur esprit était à dix mille lieux. Leur sac à dos bien garnit de documents d’identité en dit long sur leur volonté de partir et les conséquences de cette menace.

C’est la cas de Bernard et Peter, deux jeunes dans la vingtaine qui ont grandi dans le quartier. Ils vivent dans la même maison depuis des années. Au moindre bruit, ils se réveillent, prêts à fuir.

À côté de cette grande prudence, il y a aussi d’autres qui se montrent prêts à affronter la menace à toute heure, montant des brigades de surveillance qui réagissent au moindre progression des troupes de « viv ansanm » qui s’installe une fois un nouveau territoire est conquis, comme c’est le cas à Delmas 24.

NB: Lovely, Bernard et Peter sont des noms empruntés à 3 résidents à qui nous avons eu une brève discussion.