Armes et munitions à la douane de Port-au-Prince : L’Église épiscopale en mode « Ponce Pilate »

Armes et munitions à la douane de Port-au-Prince : L’Église épiscopale en mode « Ponce Pilate »

L’Église épiscopale d’Haïti qui s’est toujours débattue comme un diable dans un bénitier pour démontrer qu’elle n’était pas réellement l’instigatrice de la « sainte cargaison » d’armes et de munitions retrouvées à la douane de Port-au-Prince, en son nom, au début du mois de juillet dernier, a fini par tourner le dos au père Frantz Cole, la « brebis galeuse » retenue à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).

Dans une adresse au clergé, aux fidèles et au « peuple de Dieu », en date du vendredi 19 août 2022, l’Église épiscopale indique avoir abandonné le prélat sous sa croix en dévoilant :  » Le Mardi 16 août 2022, le comite permanent, dans le cadre des invitations de la DCPJ a déchargé le père Frantz Cole de ses responsabilités comme secrétaire exécutif diocésain et prêtre en charge de la paroisse Notre Dame de l’Annonciation à Bolosse dans le but de le mettre à la disposition de la DCPJ comme demandé pour faire avancer l’enquête. »

Ainsi, abandonné dans ses tribulations dans le monde, le père Frantz Cole s’est résolu, le mercredi 17 aout 2022, à se rendre à la DCPJ où il est retenu depuis, suite à son audition.

Dans ce dossier, le père Frantz Cole, indexé comme celui qui avait fait les démarches pour obtenir une franchise, au nom de l’Église épiscopale d’Haïti dans le but d’importer illégalement des armes et de munitions dans un pays qui croupit sous les lois des gangs armés, est abandonné à porter seul sa croix.

Dans son adresse, l’Église épiscopale, rappelle que « l’avocat de l’Église, (personne morale), n’assurera la défense d’aucune personne physique, quelle qu’elle soit, poursuivie à tort ou à raison, dans le cadre de cette affaire », soulignant que l’Église épiscopale d’Haïti n’est impliquée dans aucun trafic d’armes et de munitions ni aucun trafic de franchise.

D’ailleurs, pour laver son nom associé au trafic d’armes et de munitions dans le pays, l’Église épiscopale renouvelle « sa ferme détermination à se porter partie civile dans tout procès à venir dans le cadre de ce dossier », remettant le sort de sa « brebis galeuse » aux autorités judiciaires du pays.

En « Ponce Pilate » dans ce dossier dépourvu d’odeur de sainteté, l’Église souligne que des documents relatifs à son administration seront confiés aux autorités policières.

En ce sens, « Toutes informations relatives aux demandes de franchises produites par l’Église au Ministère des Cultes avec les numéros des containers, les avis d’arrivage et autres documents connexes pour les 5 dernières années. La liste des agences maritimes avec lesquelles l’Église à travailler pendant les 5 dernières années. Les mouvements de fonds, les documents comptables et les numéros des comptes bancaires de l’Église pour les 5 dernières années. La liste du payroll et des mouvements du personnel du bureau diocésain. Lettre mettant fin au service de Vundla comme coopérant au diocèse d’Haïti », seront, sans délai, transmis à la DCPJ par le cabinet Madistin.