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Politique| Insécurité : Raphael Mackenson, une vie bouleversée par la violence des gangs

L’année 2023 aura profondément bouleversé la vie de Raphael Mackenson, jeune ingénieur civil engagé dans la vie politique et communautaire à Carrefour-Feuilles. Le recoupement d’informations auprès d’anciens habitants du quartier, de personnes proches de lui et de sources connaissant son parcours permet de retracer une série d’événements qui l’auraient progressivement contraint à quitter son domicile et à vivre dans la clandestinité.

Le 2 septembre 2023, sa maison située à l’impasse Eddy aurait été incendiée, dans un contexte de violences croissantes liées à l’emprise des groupes armés sur Carrefour-Feuilles. Raphael Mackenson n’aurait pas été témoin direct de l’incendie. La destruction de son domicile lui aurait toutefois fait perdre son lieu de résidence dans un quartier où les habitants étaient déjà confrontés aux attaques, aux déplacements forcés et aux menaces.
Quelques mois plus tard de la même année, le 18 décembre, il aurait lui-même été pris pour cible. L’agression aurait eu lieu alors que la situation sécuritaire demeurait particulièrement tendue. Des hommes armés l’auraient violemment agressé, le laissant suffisamment atteint pour nécessiter des soins à l’hôpital Espoir.

L’épisode aurait constitué une nouvelle étape dans la dégradation de sa situation personnelle, en faisant désormais peser une menace directe sur son intégrité physique.

Un ingénieur civil engagé dans la vie politique et communautaire

Ingénieur civil de profession, Raphael Mackenson était également militant au sein de l’organisation politique Pitit Dessalines. Il aurait pris part à plusieurs manifestations et mobilisations consacrées notamment à la situation du pays, à la défense des intérêts de la population et à la gestion des affaires publiques.

Son engagement ne se limitait pas à la politique.

À Carrefour-Feuilles, il participait également à la vie communautaire et collaborait avec plusieurs organisations locales, notamment la CIGEP et l’AJPIE, dans le cadre d’initiatives visant à soutenir et à faire progresser la communauté.
Raphael Mackenson occupait, par ailleurs, le poste de secrétaire du conseil d’administration de la caisse populaire Saint-Gérard, une coopérative de crédit implantée à Carrefour-Feuilles. Ces différentes responsabilités faisaient de lui une personne active dans plusieurs secteurs de la vie locale.

Cet engagement ľaurait également contribué à l’exposition et aux intimidations

Ses prises de position et sa participation aux mobilisations auraient suscité l’hostilité de certaines personnes opposées à ses activités.

Une agression accompagnée de menaces de mort

En décembre 2023, quelques mois après son départ de Carrefour-Feuilles, Raphael Mackenson aurait été agressé en pleine rue par un homme présenté comme le bras droit de personnes hostiles à ses activités. L’attaque aurait été particulièrement violente. Il aurait été battu et menacé de mort s’il ne mettait pas un terme à sa participation aux manifestations et à ses activités de mobilisation. Ces menaces auraient renforcé les craintes qui pesaient déjà sur lui après l’incendie de sa maison et l’agression du 18 décembre.

L’enchaînement de ces événements révèle une exposition importante : perte du domicile, violences physiques et menaces directes. Pour un homme déjà engagé dans les activités politiques et communautaires de son quartier, la poursuite de ces activités aurait ainsi pu accroître les risques auxquels il était confronté.

Une vie bouleversée par la peur

Après ces épisodes, Raphael Mackenson aurait adopté un mode de vie beaucoup plus discret. Sa sécurité et celle de sa famille seraient devenues une préoccupation constante, l’obligeant à prendre davantage de précautions dans ses déplacements et dans ses activités.
Il aurait finalement été contraint de quitter son domicile et de vivre dans la clandestinité avec sa famille.

Son parcours s’inscrit dans une réalité plus large à Carrefour-Feuilles, où l’emprise des groupes armés a entraîné la destruction de maisons, le déplacement de familles et une forte restriction de la liberté de mouvement des habitants. Mais dans le cas de Raphael Mackenson, les risques auraient pris une dimension particulière. Son engagement politique, ses activités communautaires et ses prises de position l’auraient placé dans une situation de vulnérabilité accrue, alors même que son quartier était soumis à une violence armée grandissante.
La succession des événements rapportés — destruction de son domicile, agression, menaces de mort et départ forcé — dessine ainsi le parcours d’un professionnel dont la vie personnelle, familiale et professionnelle aurait été profondément affectée par l’insécurité et par les risques associés à son engagement.

Michelet Adrien