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Crise en Haïti : le MSCH prône un changement de paradigme

Le Mouvement de la Société Civile Haïtienne (MSCH) dit suivre avec une attention particulière l’évolution de la crise haïtienne et les différentes démarches engagées par les acteurs nationaux, la CARICOM, les Nations Unies et les partenaires internationaux pour parvenir à une solution durable.
À travers un communiqué en date du lundi 14 septembre 2026, le MSCH dit reconnaitre la nécessité du dialogue, mais estime que le moment est venu de poser une question fondamentale : « les mécanismes de transition, les accords et les initiatives de dialogue appliqués ces dernières années ont-ils réellement produit les résultats attendus ? ».

Face à la réalité actuelle, le MSCH ne voit qu’une crise qui s’aggrave en dépit des multiples transitons, après plusieurs années de transitions politiques, d’accords, de négociations et de mécanismes de consensus.

Sur le plan sécuritaire, le MSCH note une extension considérable des groupes armés, notamment à Port-au-Prince, affectant la sécurité des citoyens, les activités économiques et les infrastructures essentielles.

La réponse internationale, notamment à travers la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), autorisée par la résolution 2699 du Conseil de sécurité des Nations Unies, a été confrontée à d’importantes difficultés de financement, d’effectifs, d’équipements et de déploiement. La nouvelle Force de répression des gangs (FRG) doit également faire l’objet d’une évaluation objective quant à ses résultats, ses contraintes et aux conditions nécessaires à son efficacité.

Sur le plan institutionnel, Haïti reste enfermée dans une logique de transition permanente, souligne le MSCH.
« Le Conseil présidentiel de transition, installé en 2024, avait notamment pour mission de contribuer au rétablissement de la sécurité, à la restauration des institutions et à l’organisation des élections. Son mandat ayant pris fin le 7 février 2026, la question demeure celle de la capacité des mécanismes successifs à produire une stabilité institutionnelle durable ».
Pour le MSCH, la multiplication des transitions ne peut constituer une politique publique. Le pays ne peut continuer à alterner entre des arrangements provisoires sans s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité.

Le MSCH réaffirme son attachement au dialogue national. Toutefois, un dialogue qui ne produit ni sécurité, ni stabilité institutionnelle, ni amélioration substantielle des conditions de vie de la population doit nécessairement être réévalué.

« Le dialogue ne peut plus être uniquement une négociation entre dirigeants politiques. Il doit permettre d’identifier les véritables protagonistes de la crise et les intérêts qui motivent les conflits, tout en favorisant un consensus urgent pour protéger une population prise en otage depuis trop longtemps », indique le MSCH qui appelle à une intégration des forces vives de la nation : société civile organisée, secteur privé, organisations professionnelles, collectivités territoriales, organisations de femmes et de jeunes, universités, organisations paysannes, diaspora et autres secteurs représentatifs de la société haïtienne dans toute démarche de dialogue visant à sortir le pays du marasme.

Dans cette perspective, le MSCH appelle à procéder à une évaluation indépendante des mécanismes de transition ; Repenser le mécanisme de dialogue national ; Faire de la sécurité une condition préalable de la transition ; Garantir un processus électoral crédible et sécurisé et S’attaquer aux causes structurelles de la crise.
Le MSCH appelle à dépasser la gestion permanente de l’urgence et à agir contre l’impunité, la corruption, le financement des groupes armés, le trafic d’armes, la faiblesse de la justice, la pauvreté, l’exclusion sociale, le chômage des jeunes et l’effondrement des services publics.

Pour authentification
Kensone DELICE, Coord. Général UNNOEH
Suivent les signataires :
Union Nationale des Normaliens et Educateurs d’Haïti (UNNOEH)
Alliance des Femmes pour le Développement Economique du Sud (AFDES)
Regroupement des Organisations de la Société Civile du Sud (ROSOCIS)
Plateforme des Organisations de la Société Civile des Nippes (PLASONIP)
Collectif des Organisations du Grand Nord (COOR-GN)
Centrale Autonome des Travailleuses et Travailleurs Haïtiens (CATH)
Coalition Des Organisations de la Diaspora Haïtienne (COODAH)
Mouvement des Jeunes Intègres pour Développement de Marigot (MOJIDMA)
Plateforme des Organisation de la Société Civile du Sud’Est (POSOCISE)
Plateforme des Organisation de la Société Civile du Haut-Artibonite (POSOCHA)
Plateforme des Organisation de la Société Civile du Bas-Artibonite (POSOCIBA)
Coordination des Organisations pour Sauver l’Environnement du Nord-Ouest (COSENO)