Dans une note en date du dimanche 13 septembre 2026, le Collectif Défenseurs Plus exprime ses inquiétudes face à la détérioration jugée alarmante du climat sécuritaire et de la situation des droits humains en Haïti. Le Collectif souligne que le pays traverse une crise sociopolitique et sécuritaire d’une gravité sans précédent, caractérisée par l’extension territoriale des bandes armées, la multiplication des actes criminels et la faillite manifeste des institutions républicaines.
Alors que les autorités déclarent la réouverture des classes et l’engagement d’un processus électoral, l’organisation dit constater que la réalité quotidienne de la population reste marquée par la peur, le déplacement forcé, la précarité et la perte de contrôle effectif du territoire national par l’État.
Le Collectif Défenseurs Plus dénonce avec la plus grande fermeté la persistance et la recrudescence des cas d’enlèvement suivis de séquestration contre rançon et rappelle que ce phénomène criminel déstructure les familles haïtiennes et viole de manière flagrante le droit à la liberté et à la sécurité de la personne, garantis par la Constitution de 1987 et la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Dans sa liste, le Collectif retient les cas d’enlèvement et de séquestration de Wesly Renaud JEAN, journaliste présentateur à la radio et télévision Métropole, James BOYARD, cadre de la police nationale et du ministère de Défense, Caleb Jean Baptiste et Madame Staphanie Paulte, de l’ONAPE, des élèves et étudiants, étudiantes retenues en captivité, bafouant leur droit fondamental à l’éducation et à la vie et des fonctionnaires, cadres et responsables d’État, ciblés dans l’exercice de leurs fonctions, qui sont en captivité.
Outre des cas de kidnapping qui appauvrissent un peu plus la famille haïtienne, le Collectif Défenseurs Plus dit condamner énergiquement les incursions sanglantes des gangs armés dans les communes de Kenscoff et de Gressier. Ces attaques ont provoqué la terreur, des déplacements massifs de populations et la destruction de biens privés et communautaires.
Le Collectif est particulièrement révolté par l’assassinat crapuleux de Monsieur Joseph Willard VANCOL, directeur de la radio Ti Boukan FM et responsable du centre de formation et d’accompagnement paysan de l’ITECA à Gressier. Cet acte odieux constitue une attaque directe contre la liberté de la presse, le secteur de la communication communautaire et le développement rural. Le Collectif salue la mémoire de ce cadre engagé et exige que les auteurs intellectuels et matériels de cet assassinat soient poursuivis et châtiés conformément à la loi.
Le Collectif note aussi la détérioration de la situation dans le bas et le haut Artibonite qui demeure extrêmement critique.
Par ailleurs, le Collectif Défenseurs Plus souligne l’incohérence des discours officiels concernant la réouverture des classes. Alors que l’article 32 de la Constitution garantit le droit à l’éducation, des dizaines d’établissements scolaires demeurent occupés par des gangs ou servent de refuges temporaires à des milliers de personnes déplacées internes.
Sur le plan politique, si le renouvellement des personnel politiques par des élections libres et démocratiques reste indispensable, le Collectif estime que l’organisation d’un scrutin dans le contexte actuel de terreur territoriale est techniquement irréaliste et politiquement dangereuse. Un processus électoral engagé sans la restauration préalable de la sécurité et sans la mise en place d’un Conseil électoral crédible ne fera que légitimer l’emprise des groupes armés sur les institutions républicaines.
Face à ce tableau sombre de la conjoncture nationale, le Collectif Défenseurs Plus exige le Déploiement immédiat des opérations ciblées de la Police Nationale d’Haïti (PNH), appuyée par d’autres forces compétentes, pour libérer tous les otages et sécuriser les axes routiers stratégiques, l’instruction des parquets des juridictions concernées (Port-au-Prince, Petit-Goâve, Gonaïves, Saint-Marc) afin d’ouvrir des enquêtes judiciaires sur l’assassinat de Joseph Willard VANCOL et sur l’ensemble des massacres perpétrés à Gressier, à Kenscoff et dans l’Artibonite, la sécurisation des périmètres scolaires et universitaires et reloger dignement les familles déplacées occupant les écoles et les espaces universitaires et l’établissement d’un consensus politique clair mettant la sécurité nationale et le rétablissement de la souveraineté de l’État comme conditions absolues à l’organisation de joutes électorales crédibles par un organisme électoral indépendant.
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