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Les bandits brûlent des documents d’archives au palais de justice de Port-au-Prince

Devenus maîtres des lieux depuis le vendredi 10 juin, lorsqu’ils ont chassé juges, avocats, commissaire du gouvernement, substituts commissaires et simples justiciables au palais de justice de Port-au-Prince, les hommes armés du Village de Dieu finissent par mettre le feu à des documents du tribunal dans la soirée du mardi 14 juin 2022.

C’est ce qu’a révélé le président de l’Association nationale des greffiers haïtiens, Martin Ainé, lors d’une interview accordée à Radio RFM dans la matinée du mercredi 15 juin.

Selon Martin Ainé qui n’était pas en mesure d’indiquer ni la quantité ni la qualité des documents détruits, outre les dossiers de justice, tous les dossiers civils de la juridiction de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets sont conservés dans les archives du palais de justice de Port-au-Prince.

La perte de pareils documents portera donc atteinte à des actes civils comme les mariages et les divorces prononcés dans ces deux juridictions.

Le pire est que la perte de ces documents est totale puisque le système judiciaire haïtien n’est pas informatisé et ne compte aucun autre site de conservation des documents importants.

Dans un communiqué paru le mardi 14 juin, la fondation « Je klere » avait appelé la Police et l’Armée d’Haïti à déloger les bandits pour pouvoir reprendre le contrôle de l’espace et sécuriser les archives du tribunal entre autres recommandations.

Selon le président de l’Association nationale des greffiers haïtiens, Martin Ainé, les bandits qui ont, du même coup, transporté les coffres-forts où sont gardées les pièces à conviction dans le Village de Dieu, n’agissent pas à l’aveuglette.

Pour lui, l’action de ces hommes armés sont guidées par des mains invisibles cherchant à faire disparaitre définitivement des dossiers qui les embarrassent.

Samuel Celiné