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Jorchemy Jean Baptiste, Abel Descolines, Pascal Adrien, Vickerson Garnier et Thaly Guirand appellent les membres du Conseil Présidentiel à éviter le « délire collectif »

Dans une lettre ouverte adressée au Conseil présidentiel de transition, en date du lundi 6 mai 2024, les signataires Jorchemy Jean Baptiste, Abel Descolines, Pascal Adrien, Vickerson Garnier et Thaly Guirand qui se disent conscients « des lourds enjeux de l’heure et de leur responsabilité historique y relative » ont indexé le « délire collectif qui semble tenir la raison en état ».

Se disant convaincus que la déchéance actuelle d’Haïti ne s’explique par aucune fatalité historique et ne se justifie par aucun vice rédhibitoire, ces acteurs politiques soulignent que la composition actuelle du « Conseil Présidentiel » est une invitation symbolique à un processus fécond de réconciliation nationale.
« Nous formulons donc le vœu que le « Conseil Présidentiel » soit ce grand creuset historique capable de fondre et de dépasser les multiples contradictions au nom desquelles nous avons embrasé le pays par le passé de nos excès convulsifs de rage, de violence, de frustrations, d’agitations et d’autodestruction. Sans vouloir exagérer, nous osons penser que vous, les membres actuels du Conseil Présidentiel, êtes nantis d’une mission hautement historique, en dehors du formalisme de la feuille de route qui vous servira de boussole : gommer les différends, atténuer les différences, servir de traits d’union entre les membres de la grande famille haïtienne » ont écrit ces politiciens.

Ces membres signataires de l’accord du 21 décembre, ayant désigné Louis Gerald Gilles au sein du « Conseil Présidentiel », précisent que le contexte actuel recommande le primat du collectif sur l’individuel, rappelant que tout le Conseil mérite leur sollicitude patriotique vu que son échec ou son succès sera d’abord celui d’Haïti.

Pour ces acteurs politiques, le « Conseil Présidentiel n’est plus une juxtaposition de représentants de partis disparates dans une tour de Babel . Autrement dit, il n y a pas lieu, pour les Conseillers, de se cantonner dans leur zone respective de confort idéologico-politique mais de s’ouvrir les uns aux autres au profit d’Haïti ».

Ainsi, selon ces signataires de l’Accord du 21 décembre, il est évident que toute quête hégémonique aveugle vouera le « Conseil Présidentiel » à sa plus grande perte en précisant que « seul le consensus permanent peut exorciser les vieux démons de l’égo. Démons si préjudiciables à la concorde nationale ».

Dressant un tableau sombre de la réalité actuelle où « le sang coule à flot dans la cité ! Le désespoir se lit sur les visages des contemporains ! La migration chaotique des jeunes » sont devenus monnaie courante, l’Etat est à genoux, les fameux « territoires perdus » allant crescendo, l’économie s’essouffle, l’école est déclarée institution « non grata », l’UEH est vandalisée, Les pharmacies attaquées, pillées et incendiées », ces personnalités qui parlent de la « résurgence du temps des baïonnettes avec un surplus de désordre et de violence faisant pâlir même les cacos-pillards ayant porté Davilmar Théodore au pouvoir à Port-au-Prince », indexent aussi, un « embargo sournois isolant Haïti du reste du monde, l’éclatement de la démocratie er l’apartheid socio-économique » dans le mal du pays.

Face à cet état de fait, les acteurs signataires de la lettre ont conclu qu’ il n y a pas un « pouvoir à conquérir, mais un pays à construire ».

Ils rappellent que cette transition doit répondre à des questions essentielles comme la Sécurité, les réformes institutionnelles et la justice sociale.

Samuel Celiné