Quand Ariel Henry promet justice à Jovenel Moise

À l’accasion de la commémoration du premier anniversaire de l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2022, le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, a tenu à honorer la mémoire du président assassiné en organisant une cérémonie d’hommage au Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH), au Champ de Mars.

Ministres, directeurs généraux et membres du corps diplomatique sont, certes, présents, mais Ariel Henry, sans l’accompagnement d’un membre de la famille de l’ancien président, flotte dans une atmosphère plutôt terne.

Le décor ainsi planté, le chef de l’exécutif bicéphale, n’a qu’à se plonger dans un discours fleuve d’une douzaine de minutes où il vente outremesure, les actions de l’ancien président Jovenel Moïse qui l’a propulsé au pouvoir 2 jours avant son assassinat.

Pour Ariel Henry, l’assassinat de Jovenel Moïse est l’œuvre « d’individus qui ont décidé de porter un coup terrible à la démocratie haïtienne ».

Rappelant que l’assassinat d’un président est une pratique d’un temps révolu, Ariel Henry qui dit être encore en deuil, se demande encore « pourquoi cette barbarie ».

Pour parvenir à faire le deuil de l’ancien président, Ariel Henry rappelle que la découverte de la vérité sur les faits, reste incontournable. Pour cela, il insinue : « Je renouvelle ici, devant la Nation, ma détermination à encourager sans relâche la poursuite de l’enquête jusqu’à son aboutissement ».

Si Ariel Henry promet de s’investir en profondeur pour l’avancement de l’enquête autour de l’assassinat de l’ancien chef de l’État, c’est qu’il croit nécessaire « d’infliger » des peines aux coupables pour que, plus jamais, le pays, n’ait à revivre un pareil drame.

Ainsi, celui que les enquêteurs de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), indexent dans le complot visant à assassiner l’ancien président Jovenel Moïse, invite les autorité judiciaires à « compter sur le soutien indéfectible » de son gouvernement pour parvenir à faire jaillir la lumière sur les faits.

Dans son discours, le Premier ministre a aussi dénoncé la situation d’insécurité qui gangrène la vie des Haïtiens aujourd’hui.

Cependant, comme un acteur ayant laissé la peau du personnage qu’il incarnait sur le scène, des questions des journalistes sur la situation sécuritaire du pays portent et le Premier ministre, chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale et son ministre de l’intérieur, 3e personnage au sein de la plus haute instance de décision en matière de sécurité dans le pays, à sortir de leur gond pour minimiser l’insécurité dans le pays, en déclarant:  » Il n’y a pas de bandits au Palais de Justice de Port-au-Prince ».

Pourtant, les caïds du Village de Dieu, avaient, depuis le vendredi 10 juin dernier, chassé les autorités judiciaires du Palais de Justice et occupent les lieux.

Une fois, ces questions relatives à l’insécurité esquivées grâce à la stratégie de l’autruche, Ariel Henry se jette dans son véhicule blindé comme pour mieux se protéger de l’insécurité qu’il venait d’ignorer ou comme pour prouver à la Nation que le discours qu’il venait de prononcer n’a rien à voir avec ce qu’il pense réellement.

Samuel Celiné