L’insécurité oblige Médecins Sans Frontières à tourner le dos à Cité Soleil

L’insécurité oblige Médecins Sans Frontières à tourner le dos à Cité Soleil

À travers un communiqué en date du 1e avril 2022, Médecins Sans Frontières se dit, être « contrainte de suspendre temporairement les activités dans son centre d’urgence à Drouillard ».

Cette décision, lit-on, dans le communiqué, fait suite à une série d’incidents de violence contre des personnes voulant se rendre dans le centre d’urgence et de stabilisation de Cité Soleil.

Ainsi, sans aucune garantie de sécurité pour son staff et ses patients, l’association humanitaire estime raisonnable de suspendre temporairement ses activités dans la zone de Drouillard et de transférer l’administration des soins dans les autres structures de MSF à Port-au-Prince et dans d’autres villes du pays.

 « C’est une douloureuse décision à prendre car ici, nous recevons des blessés victimes de violence nécessitant des soins urgents et vitaux : avec l’interruption des activités, l’accès va se réduire drastiquement alors que les besoins ne font qu’augmenter. », regrette Thierry Goffeau, chef de Mission de MSF en Haïti.

Etablie en Haïti depuis 1991, Médecins Sans Frontières, est habituée à se voir obliger de vider les lieux pour fuir l’insécurité,

Déjà, en février 2021, après 10 ans de services dans la zone, cette association humanitaire était contrainte de déplacer son service aux victimes de brulures graves de Cité Soleil, à cause du climat de violence qui sévit dans le plus grand bidonville du pays.

En aout 2021, MSF a été forcée de fermer les portes de son hôpital à Martissant, à cause de la violence imposée dans la zone par des gangs rivaux qui se battent pour le contrôle de la 3e circonscription de Port-au-Prince.

Selon le communiqué, le centre de Drouillard restera fermé jusqu’à ce que les conditions de sécurité soient garanties pour permettre « un accès impartial aux soins et assurer le respect de la neutralité des établissements de santé ».

Tous ces mouvements, symptomatiques d’un État en perte de force, se passent sous les yeux passifs des autorités trop occupés à jouir les avantages d’un poste.